Recommandations avant départ

Mis en avant

Bienvenu.e.s dans l’un des univers du Collectif La Fille de l’Air, accosté à Marseille.

Le Cycle des Échappées est un projet artistique mêlant danse, performance, création littéraire, photographie et vidéo. Il s’est déroulé sous forme de plusieurs sessions de création et de production entre 2010 et 2017.

Pour fureter en notre compagnie, rendez-vous dans les différentes rubriques situées sur le bandeau noir ci-dessus.

Un instant, immobiles et Princesses en cavale présentent la démarche et les artistes. Chutes Lavie, Escalette, Arenc, Sormiou et Salagou restituent nos actions dans les lieux choisis. Pour nous contacter, dirigez-vous vers l’Ultime escale

…On vous la souhaite ravie, l’escapade !

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Filles de l’air en balade

Le cycle des Echappées est initié par Liena Mikhaïlovna en 2010. Il regroupe trois danseuses, une chanteuse lyrique et deux photographes-vidéastes.

Sa finalité est d’explorer notre lien poétique au monde par l’interaction entre des sensibilités et un lieu choisi, que chaque artiste invitée appréhende à partir de son médium privilégié pour être au monde: le corps, la voix, le regard.

Les espaces explorés répondent à plusieurs critères: la curiosité et l’imagination qu’ils suscitent en nous, leur emplacement dans et autour de Marseille, leur empreinte dans un environnement naturel, semi-naturel, urbain ou industriel. Enfin, l’état sauvage ou l’abandon auxquels ils sont livrés participent à notre appétit à les arpenter.

Dans chaque lieu, proposition est faite d’interagir selon plusieurs contraintes. La première est celle de l’état d’errance et des propriétés sensorielles qui lui appartiennent. Chacune est invitée à porter une attention accrue aux mouvements de son intériorité lors de la découverte des lieux, pour ensuite développer dans la danse, le chant, les choix photographiques et vidéographiques un univers intime en résonance avec ce thème et l’environnement.

L’écoute subtile des sensations et émotions, des images et pensées qui surgissent en parcourant ces espaces, constitue le terreau de notre travail. Prend forme un voyage autant intérieur qu’extérieur, relié au sentiment de l’inconnu, au suspend, à la contemplation et à la conscience avivée du rapport au monde qui en émane.

La restitution de cet insaisissable est l’essence du projet.

Imprégnées du lieu et y ayant élaboré nos trajectoires, celles-ci sont alors revisitées et inscrites sous une forme photographique et vidéographique.

Pour en savoir plus, rendez-vous à la rubrique Un instant, immobiles.

Que la pérégrination sur cet espace virtuel vous soit à son tour propice à l’échappée…belle.

Une rêverie prend Corps

Les Echappées ont vu le jour après de nombreuses nuits, passant peu à peu du rêve à la réalité au printemps 2010.

J’eus de plus en plus présentes à l’esprit des femmes en errance, non pas désoeuvrées mais à la recherche d’un ailleurs offrant à leurs intériorités de s’épanouir sans heurt.

Je les ai imaginées venant des rivages proches ou lointains de la Méditerranée, m’inspirant des itinéraires familiaux réels de chacune des artistes invitées.

Se rencontrant en chemin, elles décident de partager la route, après avoir fui d’un commun accord et sans s’être concertées des lieux de foule et de festivités ne correspondant plus à leur humeur vagabonde.

S’extirpant des hommes pour s’abandonner à leurs insaisissables divagations, elles se retrouvent, sans but précis, dans des lieux solitaires livrés à l’abandon, de la nature sauvage aux friches industrielles. Elles investissent des espaces désertés parfois situés au coeur de la ville affairée et tonitruante, qui deviennent d’impromptus partenaires de danse le temps d’un infini soupir.

Ces rencontres éphémères sont une invitation à partager l’infime vibration de l’instant.

Le temps s’en trouve comme suspendu, à l’image des sphères intérieures qu’elles parcourent et qui demeurent inconnaissables ; temporalité propice à la contemplation, dévolue à la rêverie.

Après l’aridité sauvage des calanques marseillaises, elles arpentent une usine à l’abandon, entre nature et vestige industriel. Musardant au gré des chemins, elles traversent un hangar de chantier naval, se reposent à l’ombre d’une terrasse dominant la ville comme la mer, se séparent le temps d’un détour par un ancien château d’eau, un champ de containers, un lac aux rives argileuses d’un rouge éclatant.

Seuls comptent la qualité d’évasion et le décalage inespéré d’avec le lieu d’élection d’un délassement imprévu. Naissent des jeux d’opposition entre elles, tenues de soirée, chauds manteaux de fourrure, et l’architecture qui les enveloppe. Fugitif pas de côté.

S’entremêlent plusieurs fils tissés ensemble comme ceux du rêve – odyssée intérieure dont des bribes surgissent à la surface consciente ; du voyage – aventure consciente nourrissant le songe ; des sensations, de la féminité, de l’abandon et la solitude, de la fugue et la liberté.

Traversée intime, résonance, écoute et silence relient ces femmes qui déambulent et dansent leur appétit secret d’être au monde.

Liena Mikhaïlovna, Fille de l’Air.