Vires Virages, première

Un court aperçu du film de 14 minutes tourné dans l’ancienne usine de l’Escalette et destiné à être projeté sur trois écrans, avec désynchronisation progressive des images et spatialisation du son.

Une expérience immersive visant à entraîner le spectateur dans un monde oscillant entre rêve et réalité…

Un tryptique de séquences qui s’enchaînent en se répondant différemment à chaque nouveau cycle.

Persistance rétinienne mâtinée d’un effet de familière étrangeté… pour un voyage semant un indicible trouble.

Belle traversée!

Vire Virages, dernière

…Hypothétique version :

Trois femmes qui se connaissent bien et s’ennuient ferme dans une soirée mondaine entre traders sur le retour version pingouins à Luxembourg ou Namur ville

décident après quelques verres de se carapater et pas qu’un peu (y’en a une qui a dû avoir l’idée d’un lever de soleil sur la mer, et pas celle du Nord, de mer).
Elles font donc du stop aux péages (Knokke-le-Zoute détour, Metz, Dijon, Culmont-Chalindrey  re-détour, Lyon, Valence, Marseille) pour descendre l’A7 de nuit jusqu’au bout de nulle part et atteindre la mer au petit matin.

Larguées sur le bord d’une route en lacets elles ne savent pas où, à l’Escalette pour la peine, alors qu’elles pensaient peut-être aller au bout du bout, sauf que pas de maillots de bain et plus de voiture.

Arrivées dans cette espèce d’usine, elle se promènent en pures touristes.
Elles ont la classe fatiguée, mais conservent un style inégalable.
En décuvage incertain et discret du champagne ingurgité la veille.
Mode contemplatif (fatigue et kilomètres obligent) poético-gueule de bois (rots permis, et quand on doute, bien sûr on proute, mais dans le satin s’il vous plaît).

Elles déambulent dans la douce vacuité ensoleillée du sud sans but précis ni intention, mode flânerie de circonstance, instants suspendus.
Elles se savent ensemble et chacune dans sa rêverie propre, parties d’un tout qui vagabonde et se retrouve tour à tour, évaporées et reliées.

Petits passages de danse pour fêter un rayon de soleil, équilibre précaire en haut d’un pilier, se défaire des talons retors qui ont les ont fait trébucher toute la nuit pendant qu’elles couraient après les voitures.
Elles furètent et s’abandonnent quand bon leur semble, le but est atteint (voir la mer)

et le temps n’existe plus.

Ne s’inquiètent de rien, regard au loin (même brumeux) et se satisfont de tout.
Y’en a une qui pourrait laisser émerger l’idée de se la jouer fille de l’air à chaque prochaine sauterie gnagnan pétillante pour se retrouver n’importe où, histoire de changer d’air (un hangar, une calanque, un hypermarché…).
Leurs potes financiers qui s’auto-congratulent à chaque bénéfice fait, ça les gonfle, elles, elles fleurtent avec le néo-romantisme fleur bleue de chez mémé.

Elles pourraient être désoeuvrées, elles ont juste l’âme voyageuse…